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Et si nous faisions confiance, Correction, devons nous faire confiance a nos institutions?

Posté par: Cheikh Dia| Samedi 31 décembre, 2011 15:46  | Consulté 708 fois  |  0 Réactions  |   

 

 

Quand les hommes echouent, ce sont les institutions qui les sauvent du desastre et les meilleures institutions tournent les crises en opportunites. Le Senegal est au bord du gouffre, nous sommes en pleins pieds dans une crise a la fois constitutionnelle, avec la candidature du President Wade, et politico-judiciaire avec l'affaire Barthelemy Diaz.  Ce sont des hommes, les “cinq sages”, des hauts magistrats qui vont decider de la validite de la candidature de Me Wade et c'est le doyen des juges et le procureur qui vont condamner ou delivrer un non-lieu a Barthelemy.  Mais ces hommes doivent se baser sur des institutions, en l'occurence le Conseil Constitutionnel et la Cour d'Assises pour rendre leurs decisions; et de ce fait, devant cette opportunite qui leur est presentee par ces crises sans precedent dans l'histoire du Senegal, les questions qui s'imposent a nous tous sont : Ces hommes vont- ils prendre leur responsabilites historiques et dire le droit tel qu'il est ecrit dans les textes sans aucun soubassement ou influence politique ou vont-ils plutot rendre des jugements bases sur leurs convictions personelles ou leurs appartenances politiques partisanes?

Ces questions sont d'autant plus pertinentes apres la sortie malheureuse du ministre Khouraichi Thiam qui parlait de gouverneurs “wadistes,”  donc il est plus que raisonnable de croire qu'il y a des hauts magistrats, des juges et des procureurs “wadistes.”  Tout ceci ne fait que renforcer l'image de “politiciens en robes noires” que nous avons de nos hauts magistrats, juges et autres pocureurs et avocats. Oui, les senegalais reconnaissent que ces hommes, a travers ces institutions peuvent exercer, dans leurs jugements et decisions, une certaine discretion que leur confere la loi,  c'est a dire qu'ils peuvent se baser sur leurs consciences et sur leurs propres interpretations des texts pour valider ou non la candidature de Me Wade et pour condamner ou liberer Barthelemy Diaz.  Mais les senegalais ne croient pas que nos magistrats et juges vont exercer ce que des professeurs americains appellent “la discretion de principe” mais nous croyons plutot que le Conseil Constitutionel et la Cour D'Assises vont rendre des decisions politiques ou des jugements d'interet personnel que nous, senegalais,  pensons propres a nos politiciens.  La legimite de ces deux institutions serait donc basee, selon toujours ces professeurs, sur le concept de la discretion de principe qui veut que les juges rendent des decisions, des jugements judiciaires et c'est un concept qui se veut aussi compatible avec la notion de legitimite judiciaire.

Les magistrats, juges, procureurs et autres avocats jurent que leurs decisions sont toujours basees sur la loi et la constitution mais au Senegal, depuis l'alternance, il semble que la majeure partie des decisions judiciaires sont politiques ou des jugements d'interet personnel surtout avec la recente augmentation des salaires de hauts magistrats qui n'ont pas daigne refuser pour taire les suspicions, pour qu'on ne puisse penser a une eventuelle corruption vu le climat pre-eloctoral qui prevaut; et aussi l'impunite totale de certains gens qui ont commis des crimes averes mais qui sont toujours libres parceque beneficiant de la protection de personnes “haut placees.”   A bien des egards, les institutions etatiques n'ont pas ete toujours a la hauteur dans beaucoup d'affaires et elles n'ont pas toujours repondu a l'attente des senegalais en etant impartiales .   Donc il semble que les senegalais rejetent en masse ce que ces memes professeurs americains appellent “le modele de la jurisprudence automatique, le mythe de la legalite” qui veut que le Conseil Constitutionel, sur la candidature de Wade et la Cour d'Assises, sur l'affaire Barthelemy Diaz  appliquent et la constitution et la loi aux faits presents. C'est ce qui fait en realite la beaute des institutions et leurs mecanismes d'auto-correction font leur grandeur.

Jean Monnet, l'architecte d'apres-guerre de l'unite europeenne, avait une fois ecrit " Rien n'est possible sans les hommes, rien n'est durable sans les institutions. [...] Les institutions peuvent, si elles sont bien construites, accumuler et transmettre la sagesse des générations successives."   C'est pourquoi la decision que le Conseil Constitutionel prendra sur la candidature de Me Wade et toutes les autres decisions que les hauts magistrats prendront apres, le jugement que la Cour D'Assises rendra sur l'affaire Barthelemy Diaz, et tous les jugements que le doyen des juges rendra apres, ils doivent tous trouver le moyen de reconcilier le passe avec le present, tout en acceptant que les decisions qu'ils prennent aujourd'hui affectent le futur. A la question de savoir si nous, senegalais, devront faire confiance a nos institutions, la reponse depend a la fin du niveau de confiance que chaque senegalais a en nos juges magistrats, procureurs. Et si ces hommes et femmes faillissent a leur missions et emportent nos institutions dans leur chute, nous tomberions dans le chaos total.  Alors quelles institutions, quel Senegal allons nous laisser a nos enfants, aux generations futures? 

 

 

 

 

 

 

 

 L'auteur  Cheikh Dia
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Cheikh Dia
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